Mercredi 25 avril 2007

Je déménage mes affaires ce matin.

Quitter cette chambre ne me fait rien, ce qui me fait bizarre c’est de ne plus travailler au Krox.

Pierre et David emmènent mes cartons dans la voiture tandis que Greg et Kevin apportent les affaires de Daniel.

Mon remplaçant est un grand skinhead a la voix éraillée, il boit comme une éponge et ignore royalement ma présence.

Je fais mes adieux à David, Kévin, Clément et Fabien qui m’invite a revenir et me congratule pour mon travail. Léo s’est absenté ce matin, j’aurais aimé le voir... dommage.

Stéphane m’attend dans la voiture avec un grand sourire.

-         Alors tu nous reviens ma chérie ?

-         Et oui... retour au canapé...

Il échange un regard complice avec Pierre.

Pierre prend le volant, je regarde s’éloigner le Krox. Arrive au croisement de la rue Sainte-Croix Pierre continue tout droit.

-         Pierre il vaudrai mieux prendre a gauche pour rejoindre la rue du Renard.

Il souri et continu tout droit avant de s’engage dans la rue du Plâtre et de s’y arrêter.

-         Mais pourquoi tu t’arrête ?

-         Je rentre a la maison

-         Mais c’est pas ici...

Pierre se retourne vers moi.

-         Tu crois ?

Ils se regardent et éclatent de rire.

-         On voulait te faire une surprise.

Je sort de la voiture, devant moi un immeuble hausmanien, je m’approche de l’interphone. L’étiquette du troisième étage indique : Alexandra Lefebvre, Stéphane Codron et Pierre Labro.

-         C’est a nous ?

Stéphane me déposé une bise sur la joue.

-         Rien qu’a nous et il y a même un ascenseur.

-         Pour quand tu aura un ventre de cachalot, ajoute Pierre.

Il me tend un trousseau avec une clé et un pass magnétique. J’entre dans un hall au sol en marbre et plafond haut. Il y a un escalier gigantesque et une ascenseur en fer forge et même une conciergerie.

-         C’est chic dit donc !

-         On s’est dit que si on devait élever un enfant il fallait investir, souri Steph.

-         Ma sœur et ton frère nous on aussi avancé un peu d’argent, ajoute Pierre.

-         Gaétan ?

-         Oui il a appelle plusieurs fois car il s’inquiétait de te voir finir seule dans ta chambre de bonne dévorée par ton poisson rouge. Il a propose de participer un peu a l’achat de l’appart et on a dit oui.

Mon frère est génial !

Je gravi les trois étages en courant. Sur le palier il y a deux grandes portes en bois mat.

-         C’est celle de gauche, dit Stéphane en haletant.

Je tourne la clé et pousse la porte, l’entré est petite, principalement occupée par un grand placard, a gauche on va a la grande salle à manger – salon, parquet clair, mur blanchi, des grandes fenêtres. Les murs sont nus mais il y a déjà la grande table ronde qui était dans l’appart de Pierre et Stéphane et deux canapé en cuir marron.

-         Ca manque de déco mais Pierre voulait attendre ton avis.

Il y a quatre portes, une a gauche, deux a droite et une devant moi.

Celle de gauche donne sur une cuisine américaine chromée.

Stéphane me glisse a l’oreille :

-         Pierre se l’est déjà approprié comme son domaine alors pas de conneries !

-         Steph je t’entend, grogne Pierre.

-         Oui chef !

Les deux portes de droite ce sont les deux chambres. La première est celle de Pierre et Stéphane. Stéphane passe devant moi et se lance dans des explications tel un agent immobilier.

-         Alors mademoiselle vous voici dans l’antre de débauche de deux homosexuels, âmes sensible s’abstenir.

-         Alors tu ferai mieux de sortir, lance Pierre.

Stéphane ne se démonte pas et continue.

-         Si monsieur Labro veut bien me laisser continuer, il y a des gens qui s’intéresse a ce que je dit.

-         Pauvre d’eux !

-         Pierrot !

-         Steph j’ai horreur que tu m’appelle Pierrot !

-         Je sais c’est pour ça que je t’appelle Pierrot.

-         Tu es infernal, finit par dire Pierre dans un éclat de rire.

-         Alors, reprend Stéphane, on a commence par mettre du parquet sur les murs...

-         Ca s’appelle du lambris chéri.

-         Ouais, ouais c’est comme du parquet.

-         Pffff

-         Donc je disais, on a lambrissé les mur pour donner un coté male a la pièce.

-         Bah les gars mais mes beaux éphèbes a demi nus vont me manquer.

Pierre me lance un regard noir.

-         Et après tu t’étonne d’être célibataire ?

Je lui tire la langue.

Stéphane intervient.

-         Les enfants du calme ! Donc ensuite on a acheté une grande commode et deux tables de nuit en teinte miel et un lit laqué en noir. Pour contrasté un y a mis nos drap de lit blanc avec des lignes graphiques. Et mon petit détail déco, un petit paravent japonais.

Pierre se tourne vers moi.

-         J’ai pas vraiment eu le mot sur la déco mais il m’a laisser placer les meubles et lambrissé.

Stéphane soupire.

-         Va voir ta chambre Alex et laisse le bougonner.

La seconde porte du salon donne sur ma chambre, les murs sont blanc, il y a un lit avec une tête en fer forge noir et des drap rouge. Une grande moustiquaire rouge enveloppe le lit.

-         On n’a pas voulut te faire ta déco mais comme on savait que tu aimais le rouge on s’est permis, me dit Pierre.

Stéphane ajoute :

-         En plus la voilage fait princesse de la brousse.

-         C’est très joli Steph.

Nos deux chambre communiques par la salle de bain, dans les tons gris-beige   avec une grande baignoire et deux lavabos.

Stéphane me tend un sac plastique.

-         C’est un petit cadeau de notre part.

J’ouvre le sac qui est plein de pain moussant et de comète de bain Lush*

-         Vous êtes des amours mes anges !

-         On sais, dit Stéphane avec un air mijaurée.

-         C’est pas tout ça, interromps Pierre, mais il reste un pièce a visiter.

La dernière pièce est la plus petite, le papier a été arrache des murs et il n’y a qu’une seule fenêtre.

- C’est la future chambre du bébé, ma disent-ils en me serrant dans les bras.

 

*marque de produit de beauté

Par Marie Lefbvre - Publié dans : 1-2-4
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Dimanche 18 mars 2007

-         Voila !

Léo vient de me faire mon injection. Je me rallonge sur mon lit.

-         Je déteste les piqûre...

-         Pauvre petite minette !

-         Tu ne m’avais pas dit que tu avais des enfants.

-         Parce que ce ne sont pas les miens. Ce sont ceux d’Aurélie, Daphné et Ava. Moi j’ai juste donné un coup de main.

-         Tu les a rencontrés comment ?

-         Lorsque leur bar a ouvert Aurélie et Daphné ont invitées tout le Marais a l’inauguration. C’était une sacré soirée !

-         Aurélie et Daphné sont en couple ?

-         Oui

-         Et Ava ?

-         Ava c’est une fille bizarre. Quand je l’ai rencontré et faisait payer ses « prestations ». Et puis Aurélie lui a demande de l’aide a avoir un bébé, elles ont finis par devenir amies.

-         Je ne sais jamais sur quel pied danser avec Ava.

-         Ava a des cotes pitt-bull, surtout quand tu approche son fils... Mais c’est une très bonne sage femme.

-         Dit moi si tu ne te considère pas comme le père de ces enfant pourquoi tu vas les voir une fois par semaine ? C’est une sorte de droit de visite.

-         Parce que même si je suis pas leur père, eux sont un peu de moi et que je trouve ça rassurant de me dire qu’il restera un peu de moi après ma mort.

-         Mais tu as le temps Léo, tu n’as que 24 ans !

-         Oui mais en année gay c’est déjà vieux.

On frappe a la porte.

-         Oui ?

-         C’est David, Alex descend dans le bureau s’il te plait il faut qu’on te parle.

 

 

Je m’assoie en face de David et Kévin. Kévin toussote et tortille un morceau de papier.

-         Voila le serveur que tu remplace, Daniel, va revenir travailler dans trois jours. Il se trouve aussi que tu occupe sa chambre alors voila il faudrait que tu ai vidé les lieux d’ici là.

David ajoute avec compassion :

-         On est désole que ça soit si soudain mais tu savais que ce n’étais qu’un remplacement.

Je fond en larmes. Ils me fixent surpris. C’est pas mon genre cette réaction, ce doit être les hormones. J’arrive pas a me calmer. David court chercher Leo. Kévin essaye de me calmer.

-         Alex... tu savais bien que ça finirait comme ça... tu trouvera un autre travail... je peux t’aider a chercher une autre place... tu as fais du bon boulot ici...

-         C’est... c’est... c’est... pas... pas... ça !

-         Qu’est qu’il y a alors ?

-         Je... je... je... sais pas!!!!

Léo arrive et me tend une pochette :

-         Respire là dedans. Kev va chercher Greg et dit lui qu’on a besoin de Xanax.

David est affole :

-         Léo qu’est ce qu’elle a ?

-         Rien de grave. Avec les anti-dépresseurs ça ira. Par contre si tu peux appelle ses amis Pierre ou Stéphane. Que quelqu’un vienne la chercher.

-         Léo... Léo...

-         Oui Alex calme toi. Je vais appeler Ava pour la prévenir mais je t’assure que ce n’est rien.

Par Marie Lefbvre - Publié dans : 1-2-4
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Samedi 24 février 2007

D’après mes calculs mon ovulation aura lieu dans 15 jours, je téléphone à Ava.

-         Tu veux un traitement d’hormones ?

-         Oui mais ça va me coûter combien ?

-         100

-         ...

-         Tu pourras me régler en plusieurs fois si tu le souhaite. Rejoint moi rue Geoffroy Saint Hilaire, dans un café qui s’appelle le C4, il est juste en face de la clinique ou je travaille.

 

 

11h38

 

J’arrive dans le café.

 

On commence a se poser des questions sur l’influence de son travail quand vous trouvez l’ambiance bizarre en entrant dans un café « normal ».

 

Ava est assise a une table discrète au fond, je l’y rejoint et lui tend l’argent.

-         Assied toi on est pas des banquiers, on peut prendre un verre ensemble, non ?

Je m’assois et commande un thé.

-         Tu as l’intention de me payer entièrement a ce que je vois. Comment tu vas faire pour le reste ? Le Krox doit pas te filer une super paye, non ?

-         Pierre et Stéphane partageront les frais et je les rembourseraient ma part petit a petit.

-         Ils sont sympas.

-         Ils sont géniaux.

-         Je ne comprend pas la nature de vos relations.

-         Ce sont mes meilleurs amis.

-         Pourquoi tu veux faire un gosse avec eux ?

-         Parce qu’ils seront de bons pères.

-         Et tu ne préférerais pas te trouver un mec ?

-         Je n’en ai pas trouvé.

Elle s’adosse a son siège et me fixe quelques instants.

-         Tu pourrais aussi « faire un bébé toute seule ».

-         Je ne pense pas que ce soit la meilleures solution, ni pour le bébé, ni pour moi.

-         Peur de l’élever seule ?

-         Un peu.

-         Je comprend, c’est pour ça qu’avec Daphné et Aurélie nous vivons ensemble.

-         Et le traitement ?

-         Je te trouve sur tes gardes, je te fais peur ?

Un sourire narquois se peint sur ses lèvres.

-         Non, mais je ne sais pas vraiment a quoi m’en tenir avec toi.

Son regard noir devient plus intense.

-         Dans ce cas il va falloir que tu apprenne a me faire confiance.

Elle se redresse sur sa chaise et baisse d’un ton.

-         C’est un traitement par injection, deux fois par jour. Tu sais te piquer ?

-         Non.

-         Alors je passerais au Krox te les faire le matin et tu n’aura qu’a demander à Léo le soir, il sait comment faire. Dans 15 jours il faudra que tu viennes chez moi avec le géniteur.

Par Marie Lefbvre - Publié dans : 1-2-4
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Dimanche 18 février 2007

Nos résultats d’analyses sont arrivés, on est tout les trois négatif. On a beau savoir qu’il n’y aura rien, ça soulage quand même. Pierre est parti chercher la voiture, Stéphane se bat avec la machine a café pour obtenir sa dose de caféine. Un type passe a cote de moi, je reconnaîtrais cette démarche et ce jeux d’épaule entre mille.

-         Léo ?

Il se retourne, il a l’air inquiet.

-         Ca va ?

-         Oui oui

-         Qu’est ce que tu fais là ?

-         Euh... je viens... je viens donner mon sang. Et toi ?

Je brandi les résultats sous son nez.

-         Et alors verdict ?

-         On est tous négatifs.

-         C’est bien.

Il pousse un soupir de soulagement et s’éloigne.

Par Marie Lefbvre - Publié dans : 1-2-4
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Mardi 13 février 2007

Léo a organise un rendez vous entre Ava, Pierre, Stéphane et moi. C’est Daphné qui nous reçoit au milieu des enfants. Son caractère vif plait tout de suite a Pierre, les pics fusent a un rythme soutenu, et sa joie de vivre charme rapidement Stéphane. Moi du coin de l’œil j’observe Léo qui joue avec Marek, Nick et Camille.

Marek est de loin celui qui lui ressemble le plus avec sa tignasse blonde, ses grands yeux, son petit nez froncé et son caractère emporté. Il cri, s’esclaffe et gesticule comme un fou. Il intime le silence a ses cadets pour raconter ses histoires non sans un humour assez fin pour son age.

Camille a tout le physique de sa mère mais la douceur de caractère de Léo. Elle est très calme, assise sur les genoux de Léo, elle lui glisse quelques mots a l’oreille. C’est une exquise petite poupée, de temps a autre elle passe ses petits bras potelés autour du cou de Léo et dépose un bisous sur sa joue. Sa petite bouche laisse apparaître  deux rangée de quenottes blanche dans un sourire a faire fondre un iceberg.

Nick est assis un peu a l’écart, il y a dans son comportement tout du chat sauvage, fier et orgueilleux, que se trouverais au milieu d’un groupe d’ours, il se tiens tranquille mais scrute tout le monde en détail comme s’il cherchait a nous deviner. Il y a dans sa physionomie certain cote de Léo, ses lèvres pulpeuses, la couleur de soleil de sa chevelure, sa mâchoire aux angles doux mais là s’arrête la ressemblance. Il a la peau halé de sa mère, ses longs membres, la raideur de ses cheveux, son nez droit et surtout le même regard mi-provocateur mi-séducteur, un regard qui fascine, profond et noir.

Ava descend l’escalier, elle se penche pour prendre son fils dans ses bras et va s’asseoir a l’oppose de la pièce.

-         Alors vous êtes Pierre et Stéphane ?

-         C’est ça, je suis Pierre et voici Stéphane mon compagnon.

-         Et c’est votre mère porteuse ?

-         Non c’est la future mère de notre enfant.

-         Je vois... Donc voila ce qu’il se passe, j’effectue le même genre d’insémination qu’a l’hôpital mais sans congeler le sperme et donc sans le contrôle alors avant il faudra que vous passiez des test de dépistage. Ensuite je donnerais au géniteur un flacon qu’il devra remplir et puis je l’injecterais a Alex avec une sorte de seringue. Je vole le matériel a la clinique ou je travaille, je prend des risques alors je préviens il n’y aura pas de ristourne.

-         Et pour le résultat ?

-         Je garanti rien, ça peut marcher du premier coup ou bien ça peut durer longtemps, mais pour plus de résultat je peux lui donner des hormones a prendre qui stimuleront la production d’ovaire.

-         Il nous faudrait un peu de temps pour y réfléchir.

-         Prévenez moi juste deux semaines avant l’ovulation que j’ai le temps de me procurer le matériel et qu’elle puisse commencer le traitement d’hormone. Et puis n’oubliez pas qu’il me faut les résultats de vos analyses.

  

 

21h39

Pierre et Stéphane me raccompagnent au Krox, apparemment Ava ne les a pas convaincu. Stéphane s’exclame :

-         Tu accepterais que cette femme s’occupe de toi ? T’as vu ses yeux on dirait une serial kileuse !

-         Tu raconte n’importe quoi...

-         Il n’a pas tord Alex, je veux dire qu’il faut qu’on ai confiance en elle et moi je la trouve bizarre.

-         Vous avez déjà vu des représentation de la vierge a l’enfant ? Dessus la vierge couve toujours son fils avec un regard plein d’amour et le christ regarde le spectateur comme si il savait déjà que son rôle est de s’adresser a ces gens.

-         Ou veux tu en venir ?

-         Ava est l’antithèse de la vierge. L’avez vous vu quand elle a pris son fils dans ses bras ? Lui s’est blotti contre elle sans un seul regard pour nous mais elle nous a tous fixé. Elle avait un regard très protecteur, un regard guerrier, ce n’est pas la vierge Marie et elle ne laissera pas qui que ce soit toucher un seul cheveux de son fils, c’est une lionne. Dans ses yeux moi j’ai vu de la force, une force indestructible. Une femme qui a ce regard là moi je pense qu’on peut lui faire confiance.

 

Par Marie Lefbvre - Publié dans : 1-2-4
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